Partager l'article ! La crise...: Une fois n'est pas coutume, je vais faire une entorse à la règle que je m'étais fixé de ne pas aborder les questions économique ...
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Une fois n'est pas coutume, je vais faire une entorse à la règle que je m'étais fixé de ne pas aborder les questions économiques et politiques mais... J'entends certaines choses qui me forcent à réagir.
Certains appellent à sortir de l'Euro comme si ce dernier était à l'origine de tous nos problèmes.
Dans ce cas :
Pourquoi l'Espagne avec la monnaie unique arrive-t-elle à produire moins cher que nous?
Pourquoi l'Italie arrive-t-elle aussi à produire moins cher que nous?
Comment l'Allemagne fait-elle pour réussir à exporter?
Depuis trente ans (en fait depuis 37 ans bientôt), nous vivons à crédit, en cigales.
Depuis trente ans nous avons refusé TOUTES les réformes, même celles inspirées par les pays scandinaves. Ils avaient eux aussi des problèmes économiques, ils sont fait de gros efforts et on voit le résultat. Les fourmis s'en sortent bien mieux que les cigales et c'est normal, en fait c'est inévitable! les avantages acquis ça n'existe pas, dans la vie, RIEN n'est jamais acquis et encore moins mérité.
Depuis trente ans, nous refusons de voir ce qui marche dans les autres pays et de les imiter (imiter en améliorant serait encore mieux).
Vous voulez sortir de l'Euro?
A votre avis, qu'est-ce qu'il va se passer?
1. On sort de l'Euro, on signe l'arrêt de mort du l'UE.
2. Notre dette se renchérit, de 86% du PIB, rien que par le phénomène de dévaluation, on passe à 94% du PIB (dévaluation de 10%) à 111% (dévaluation de 30%) voir -comme je m'y attendrais plutôt 129% du PIB (dévaluation de 50%). Cela sans compter la hausse inévitable des taux d'intérêts. En bref, cela nous met immédiatement et de facto en état de faillite.
Nous ne pouvons plus rien importer -ou presque- pendant au minimum trois mois.
Crise bancaire majeure (et on voit avec le Crédit Lyonnais ce que peuvent donner des nationalisations)
--->Bonjour les émeutes de pénuries...
3. Conséquences directes : gel des salaires voir licenciements massifs de fonctionnaires, autrement dit : rigueur, hausse des impots et défaut sur une partie ou la totalité de la dette.
Autre possibilité, la planche à billet, si la faillite n'est pas immédiate, on provoque un phénomène d'inflation-déflation comme l'a connue l'Allemagne des années 20-30.
--->émeutes, encore...
4. Nos importations se renchérissent de 30 à 50%, avec un phénomène d'inflation-déflation, les entreprises ne fonctionnent pas bien, elles ne peuvent devenir compétitives à l'export (problème de production, instabilité des prix, manque de confiance des clients étrangers qui se tournent vers des producteurs plus fiables).
Le Zimbabwe est un exemple des dégâts causés par l'inflation et l'incertitude suite à une décison politique catastrophique.
5. Nous ne pouvons plus importer autant de
pétrole
plastiques
ciment
gaz
soja pour nos bovins
jeux pour nos enfants
poulets du Brésil
porcs de Chine
métaux
electroménager
informatique
hifi
vêtements
7. En bref, nous aurons un crise de production + une crise de consommation: si nous ne pouvons importer la matière première, nous ne pouvons produire donc nous ne pouvons faire baisser le chômage, même avec des consommateurs (mais de toute manière le chômage aura encore augmenté du fait de la crise générale)!
Et il faut minimum trois ans pour remettre en place un outil de production... encore faut-il pouvoir acheter les machines et les financer, même à crédit, mais avec un crise de confiance bancaire, c'est pas gagné.
8. L'UE n'est plus fiable, elle ne peut parler d'une voix, nous subissons le diktat de la Chine, du Brésil, de la Russie, de l'Inde... Nous n'aurons AUCUN moyen d'avoir de l'influence face à des pays qui n'ont pas eu moins de 5% de croissance ces dernières années. Nous seront à la merci du bon vouloir de ces pays ou des EU.
9. Vous verrez les vrais effets d'une perte de l'Euro avec le coût des importations telles qu'elles coutent pour des pays comme l'Egypte.
Quel est notre problème? L'Euro? Non.
La fiscalité qui pèse plus sur la production que sur le produit, le résultat APRES la vente, le poids exhorbitant de l'administration, du fait de la hausse continue des recrutements dans la fonction publique, en particulier les régions, depuis 1980, sans commune mesure avec les besoins (Loi de Parkinson + Principe de Peter) et la démultiplication des échelons administratifs concurrents (instituts aux rôles similaires, région, département, canton, communauté de communes, commune, voir arrondissements), la politique agricole catastrophique qui fait la part belle aux grandes exploitations rentables et oublie totalement les petites exploitations alors que ce sont elles qui offrent le plus grand potentiel, pour un coût moindre.
De quoi avons nous besoin, finalement?
TVA sociale sur certains produits.
Quelques taxes douanières à l'échelle Européenne pour faire face au dumping chinois (attention, pour que les Chinois n'aient d'autre choix que de s'y faire, nous avons impérativement besoin d'avoir une dette réduite au struct minimum, encore mieux d'être créanciers nets)
Une fiscalité plus simple et plus transparente, visant plus le capital que la production, taxant sur le résultat plutôt que sur la production.
En fait en résumé, nous devons sortir des réflexes communistes (fiscalité surla production) et néolibéraux (capitalisme financiariste non piloté).
Revoir la politique agricole française et européenne.
Baisser les impôts dès que possible et supprimer quasiment TOUTES les subventions.
Finalement, ceux qui ont la position la plus saine, ce sont les Chinois qui ont appelé à ce que soit trouvée une réponse internationale. A cette échelle, je verrais d'un bon oeil une sorte de panier de devise étalon pour les échanges internationaux.
Enfin, pour conclure, l'Etat ne peut pas tout, nous devons prendre nos responsabilités, agir en adultes. L'Etat est utile, mais il n'a pas à se mêler de tout. Mieux vaut un Etat qui se mêle de peu de choses, mais le fait bien, que faire du saupoudrage et, ce faisant, faire mal, trop ou trop peu. Un exemple? L'Etat, s'il veut se mêler de l'immobilier, serait mieux inspiré de construire plutôt que d'offrir des crédits à l'achat qui ne profitent qu'aux déjà propriétaires ou aux plus nantis et complique l'accès à la location pour les étudiants ou les moins aisés. J'aurais même tendance à penser que l'argent des HLM serait mieux utilisé s'il servait à financer la construction de logements plutôt que réduire les loyers. Ah bien sûr, cela ne ferait plaisir ni aux rentiers, ni aux grands proprioétaires, ni aux babyboomers. Cela signifirait qu'ils acceptent de s'appauvrir pour permettre aux jeunes à prendre leur indépendance, aider leur mobilité.
Mais nous n'avons certainement pas besoin de compliquer la circulation des personnes au sein de l'UE. Par contre, il serait temps d'avoir une véritable politique face à l'immigration et accessoirement, d'assumer et même revendiquer nos Histoire, notre culture. Nous n'avons rien à craindre des immigrés si nous sommes fiers de notre culture, nonobstant les croisades ou la colonisation car la vérité est beaucoup moins manichéenne que ce que certains prétendent.
Une dernière chose : tous les militaires vous le diront, dans la difficulté, il faut faire corps, être solidaires, c'est en se serrant les coudes que l'on augmente les chances de survie.